La tyrannie du contrôle
Tout prévoir, tout organiser, tout comprendre… Cette quête du contrôle peut sembler rassurante, mais elle devient parfois un véritable piège. Dans une ville comme Berlin, où la liberté individuelle et la flexibilité sont des valeurs fortes, de nombreux expatriés francophones cherchent à structurer leur quotidien pour éviter l’imprévu. Pourtant, cette volonté de tout maîtriser peut engendrer de l’angoisse et une fatigue émotionnelle intense.
Pourquoi ce paradoxe ? Pourquoi cette obsession du contrôle peut-elle finir par enfermer ?
Les racines du besoin de contrôle
Ce besoin de contrôle n’est jamais anodin. Il est souvent le fruit d’expériences passées marquées par une forme d’instabilité ou des pertes imprévues :
- Des peurs inconscientes de l’imprévisible : un licenciement soudain, un déménagement inattendu, une rupture douloureuse.
- Un environnement familial exigeant : grandir dans un cadre où l’erreur n’était pas permise peut laisser des traces profondes.
- L’expatriation : vivre dans un pays étranger, loin de ses repères culturels et affectifs, renforce parfois ce besoin de contrôle pour compenser le sentiment d’être en terrain inconnu.
Le rôle de la psychanalyse : une invitation à interroger ce besoin
La psychanalyse lacanienne ne cherche pas à supprimer le besoin de contrôle, mais à le questionner pour en comprendre la fonction. Qu’est-ce que ce contrôle tente de masquer ou de protéger ? Derrière ce mécanisme se cache souvent une peur plus profonde : celle de perdre pied, d’être vulnérable ou d’échouer aux yeux des autres.
En séance, des questions comme celles-ci peuvent émerger :
- « À quoi sert ce contrôle dans votre vie ? »
- « Que craignez-vous de perdre si vous lâchez prise ? »
Mettre des mots sur ces émotions permet de comprendre les schémas répétitifs et d’alléger cette pression interne.
Exemple clinique
Julien, expatrié travaillant dans la finance à Berlin, est venu consulter après des crises d’angoisse répétées. Perfectionniste et hyper-organisé, il contrôlait chaque détail de sa vie professionnelle et personnelle : des plannings millimétrés, des attentes strictes envers lui-même et un refus total de l’imprévu.
Au fil des séances, Julien a pris conscience que ce besoin de contrôle était une réponse à une enfance marquée par des déménagements fréquents et une instabilité familiale. En comprenant cette origine, il a pu s’autoriser, petit à petit, à accepter l’incertitude sans s’effondrer. Il a appris à introduire de la souplesse dans ses journées et à accueillir l’imprévu comme une part normale de la vie.
Lâcher prise : un chemin vers plus de liberté
Vouloir tout contrôler peut donner l’illusion de sécurité, mais cela finit souvent par devenir une prison intérieure. La psychanalyse offre un espace où l’on peut se reconnecter à ses émotions et découvrir que la sécurité ne vient pas d’un environnement sans faille, mais d’une confiance retrouvée en ses propres ressources.
Apprendre à lâcher prise ne signifie pas renoncer à ses ambitions ou abandonner ses responsabilités, mais faire la paix avec l’incertitude. À Berlin, où les expatriés sont souvent confrontés à l’imprévu et à la nouveauté, cette démarche permet de vivre de façon plus sereine et authentique.
Si vous vous reconnaissez dans cette quête incessante de maîtrise, sachez qu’il est possible de retrouver un équilibre. En tant que psychanalyste lacanien francophone à Berlin, je suis à votre écoute pour vous accompagner sur ce chemin vers une plus grande liberté intérieure.
